Actualités

Biologie et mœurs

Le Ragondin (Myocastor coypus)

Originaire d’Amérique du sud, le ragondin est un gros rongeur semi aquatique (5 à 7 kg à l’âge adulte), possédant de grandes moustaches et des incisives orange très visibles. Les pattes postérieures sont palmées et sa queue est de section ronde.

Le ragondin est un opportuniste alimentaire, essentiellement herbivore, qui ne possède pas de prédateur naturel en France.

Un couple engendre environ 90 descendants en 2 ans.

Le Rat Musqué (Ondatra zibethicus)

Le rat musqué, originaire d’Amérique du nord, fréquente les mêmes milieux. Beaucoup plus petit que le ragondin (1,2 kg environ), sa queue est de section plate. Ses pattes ne sont pas palmées, mais elles possèdent de petits poils natatoires.

Le rat musqué est principalement herbivore.

Un couple de rats musqués engendre environ 420 descendants en 2 ans.

Statut réglementaire

Le ragondin (Myocastor coypus)  et le rat musqué (Ondatra zibethicus) sont concernés par deux réglementations.

Au titre de la chasse et de la faune sauvage

  • Arrêté du 29 janvier 2007 relatif au piégeage des animaux classés nuisibles
  • Décret du 23 mars 2012 relatif aux espèces d’animaux classés nuisibles
  • Arrêté du 30 juin 2015 fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des animaux d’espèces classées nuisibles sur l’ensemble du territoire métropolitain

Au titre de la protection des végétaux

  • Arrêté ministériel du 31 juillet 2000 modifié établissant la liste des organismes nuisibles aux végétaux, produits végétaux et autres objets soumis à des mesures de lutte obligatoire
  • Arrêté ministériel du 6 avril 2007 relatif aux contrôles des populations de ragondins et rats musqués
  • Arrêté préfectoral du 13 octobre 2011 pour la Loire Atlantique

Enjeux territoriaux et sanitaires

Pourquoi lutter contre les rongeurs aquatiques envahissants ?

La lutte vise à limiter :

  • la prolifération de ces espèces invasives
  • les dégâts agricoles
  • les dégâts aux berges, aux ouvrages et aux écosystèmes
  • l’envasement des cours d’eau, lié au déblais des terriers
  • la dispersion de certaines espèces envahissantes telles que la jussie
  • les risques en terme de santé humaine et animale

La lutte dans les pays de la Loire

Depuis plus de 40 ans, le réseau FREDON-FDGDON organise des luttes collectives contre deux expèces de rongeurs aquatiques envahissants (RAE), le ragondin et le rat musqué.

En Pays de la Loire, c’est :

Chiffres 2015

277.965 Rongeurs Aquatiques Envahissants capturés essentiellement grâce à l’action des bénévoles piégeurs du réseau des FDGDON-GDON et des chasseurs

dont 229.665 ragondins et 48.300 rats musqués

1.904.000 RAE capturés depuis 10 ans (2005 à 2014)

Contexte

Effets de la loi NOTRe :

Désengagement financier des Conseils Départementaux sans que le transfert des compétences n’ait été pensé.

Conséquences :

Perte potentielle pour 2017 de 647.500 € de budget pour les luttes Rongeurs Aquatiques Envahissants par les FDGDON et les GDON en Pays de la Loire.

A cause de la loi NOTRe et du non positionnement des collectivités, mais aussi de la non-prise de conscience des élus locaux, départementaux, régionaux et nationaux, la lutte pourrait, faute de financement, s’arrêter.

Les chiffres du Réseau FREDON-FDGDON Pays de la Loire pour l'année 2014

40
années de lutte collective contre les ragondins et les rats musqués
2110
piégeurs bénévoles actifs
272784
ragondins et rats musqués capturés et tracés

Scénario d’une crise prévisionnelle majeure à l’horizon 2019 !

Si la lutte n'avait plus lieu dès 2017, à l'horizon 2019, quelles seraient les conséquences ?

En termes d’augmentation des populations de ragondins, les 229.665 ragondins non capturés en 2017 génèreraient 5.741.625 ragondins en 2019 (un couple de ragondins génère 92 descendants en 2 ans, dont 50 viables après mortalité naturelle et accidentelle).

CES 5.741.625 RAGONDINS AURONT UN IMPACT SUR
L’AGRICULTURE
L’ENVIRONNEMENT
LA SANTE

L’AGRICULTURE

Perte de cultures : Un ragondin consomme annuellement (hors produits souillés) 30 € de végétaux agricoles (herbe, maïs, céréales, …)

5.741.625 x 30 € = 172.248.750 € de pertes agricoles supplémentaires en Pays de la Loire.

Justifiant un classement en danger sanitaire pour des productions végétales

Elevage : Risques sanitaires accrus sur les cheptels

Chez le ragondin, le taux de prévalence moyen en Pays de la Loire est de 50% pour la leptospirose et de 30% pour la toxoplasmose (sans parler des autres zoonoses : grande douve du foie, ténias divers, …). Cela veut dire 2.870.812 ragondins supplémentaires porteurs de leptspirose et 1.913.885 ragondins supplémentaires porteurs de toxoplasmose. Pour les agriculteurs dont les cheptels sont en contact avec les ragondins, la leptospirose entraîne 15 à 30% de perte de naissances.

Dégâts sur le maïs

L’ENVIRONNEMENT ET LA BIODIVERSITÉ

  • Une telle augmentation des RAE remettrait en cause toutes les politiques de gestion des milieux aquatiques et tous les travaux engagés depuis des années, cela se chiffre en dizaines de millions d’euros.
  • Disparition de l’agriculture en zone de marais (voir plus haut) ayant pour conséquence la remise en cause de la reconquête de la biodiversité par le pastoralisme, pouvant même entraîner la remise en cause des chartes comme celle des Parcs Naturels Régionaux par exemple.
  • Fermeture et banalisation des espaces naturels et perte de biodiversité (les espèces invasives constituent la deuxième cause mondiale de perte de biodiversité selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature)).
  • Quid du devenir de la loutre, du castor d’Europe et du campagnol amphibie si la population de RAE était multipliée par 50 ?
  • Quid de l’exploitation touristique dans les zones de marais, et quel devenir de toutes les activités de baignade et de  nautisme sur les eaux intérieures ?

Dégâts sur berges

LA SANTÉ

  • Les RAE sont porteurs de nombreuses maladies transmissibles à l’homme, telles que la leptospirose, la grande douve, la toxoplasmose, des parasites tels que les ténias (dont celui de l’Echinococcose alvéolaire), …
  • Avec une augmentation du risque d’être exposé à un élément pathogène multiplié par 50 par rapport à la situation actuelle, le nombre de cas humains de leptospirose pourrait exploser. De 53 cas déclarés en 2014 en Pays de la Loire, doit-on se préparer à plus de 2000 cas en 2019 si la lutte s’arrêtait ? Pour rappel, une journée d’hospitalisation coûte en moyenne plus de 1000 € / patient. Quelle conséquence cela aurait sur le budget de la santé ?
  • Les animaux domestiques seraient aussi très fortement exposés y compris en ville où les rongeurs se développent fortement (parfois même de façon plus conséquente que dans les espaces ruraux).

Leptospires

Le sujet de la lutte contre les RAE a été complètement banalisé depuis des années, parce que les actions de lutte étaient globalement bien organisées et les populations presque maîtrisées, mais aujourd’hui des facteurs nouveaux viennent remettre en cause l’organisation actuelle, le désengagement financier du département, le réchauffement climatique
qui favorise la reproduction du ragondin, … Le colloque national organisé à Fontenay-le-Comte le 16 novembre 2016 a permis de faire un focus local, national et international sur l’importance de lutter contre les RAE.
Il a également permis aux décideurs politiques locaux, départementaux, régionaux, nationaux et européens, de prendre conscience des enjeux et risques réels (et les conséquences financières qui en découleraient) et qu’ils fassent que les actions de lutte se poursuivent et s’améliorent pour éviter qu’une telle «catastrophe sanitaire et économique» ne se produise.

Quel avenir pour la lutte ?

Colloque RAE

Résumés des conférences

Signataires de la motion

NomPrénomFonction
GUEDONGéraldDirecteur de la FREDON Pays de la Loire
TOURNEURJessikaResponsable Market Access, laboratoire IMAXIO, Lyon
RENAUDINEAU ThierryDirecteur technique du GDS Vendée
EHKIRCHDomitilleBayer SAS Environmental science
SPICAGilbertDirecteur technique et réglementaire, Bayer SAS Environmental Science
PONDAVENMarcDirecteur général de la FREDON Pays de la Loire
SAGEMickaëlCogérant du bureau d’étude et recherche Conseil et Diagnostic pour l’eau et l’Environnement
LASSEURRomain IZIPEST SAS
MARTINSCorinneDirectrice de la FREDON Auvergne
NOËL-RACINEPascalPrésident du Syndicat Mixte du Parc Naturel Régional de Brière
FOURAGEHuguesDéputé de Vendée
PERRIER Pierre-GuyConseiller régional des Pays de la Loire et Président du Parc Régional du Marais Poitevin
RICHARDJean-ClaudePrésident de la Communauté de Communes Vendée Sèvre Autise
LIMOUZINJoëlPrésident du Fond de Mutualisation Sanitaire et Environnemental, Président de la Chambre d'Agriculture de Vendée
GELOTSergePrésident de la FREDON Pays de la Loire
FAVREAULaurentConseiller départemental du Canton de la Roche-sur-Yon Nord, Vice-Président de la commission "Développement économique"
CRAHAYPierreChargé de mission Life+, ambassadeur Natura 2000, European Landowners Organization

Formulaire de signature de la motion du colloque RAE

Commission RAE