Le Ragondin un déprédateur des cultures, qui engendre des coûts énormes à l’agriculture Analyse de son statut juridique et des actions de lutte afférentes

Marc PONDAVEN
Directeur Général du Réseau FREDON-FDGDON des Pays de la Loire

Le Ragondin est un herbivore strict qui peut occasionner des dégâts aux végétaux. Ne bénéficiant jusqu’alors que de très peu d’informations sur l’évaluation quantitative des dégâts aux végétaux, nous avons entrepris un travail en ce sens au sein de la FDGDON de Loire-Atlantique.

L’approche retenue a distingué deux grandes composantes paysagères, la zone de bocage avec une certaine mixité de cultures et la zone de marais à forte dominante de prairies temporaires et permanentes. Cette dernière bénéficie de mesures agroenvironnementales particulières tentant de concilier entretien du milieu et maintien de la biodiversité avec des activités agricoles basées essentiellement sur l’élevage.
Un travail de modélisation a abouti aux résultats suivants :
• En zone de marais, un ragondin consomme annuellement 29,4 € de végétaux agricoles,
• En zone de bocage, un ragondin consomme annuellement 35,62 € de végétaux agricoles.

Ce calcul ne tient pas compte des dégâts et des pertes par souillures hors consommation, ce qui nous permet de dire que nous sommes largement en dessous de la réalité des pertes réelles de végétaux.

A partir des éléments obtenus, des estimations ont pu être établies à la fois sur les gains liés à l’organisation de luttes collectives contre les rongeurs aquatiques envahissants et les coûts des dégâts agricoles si les dites luttes devaient être arrêtées pendant 24 mois.
Les diverses approches réalisées nous conduisent à mener une réflexion sur la réglementation classant le ragondin et le rat musqué en agriculture et l’importance de la faire évoluer dans le nouveau cadre réglementaire de la gestion des dangers sanitaires pour le domaine végétal.

Cette reconnaissance du Ragondin et du Rat musqué en tant que danger sanitaire causant des dommages aux productions agricoles est aussi essentielle pour permettre à la recherche d’envisager des évolutions dans les méthodes de lutte.

En conclusion, démonstration sera faite de la nécessaire importance du renforcement mutuel des textes réglementaires et non de leur éventuelle substitution afin d’éviter des préjudices économiques irrémédiables à l’agriculture, pourtant essentielle au maintien de la biodiversité dans les espaces naturels ruraux. Une rupture durable des actions de lutte conduites aujourd’hui, nécessiterait par la suite des moyens économiques et techniques sans précédent et certainement impossible à mobiliser au regard de la conjoncture actuelle.

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