Les espèces exotiques envahissantes et les enjeux environnementaux

Jean-Patrice DAMIEN
Chargé de mission, Syndicat Mixte du Parc Naturel Régional de Brière

Le Parc naturel régional de Brière est localisé à l’extrémité de l’estuaire de la Loire, en bordure de l’agglomération nazairienne. Les espaces naturels qui le caractérisent le plus sont les zones humides qui couvrent plus du tiers de sa surface. Marais de Brière, du Brivet et du Mes hébergent une faune et une flore remarquables qui ont justifié leur intégration aux sites Ramsar et Natura 2000. Espaces de vie sauvage, ces marais sont également la source de nombreuses activités telles que l’agriculture, le tourisme, la chasse ou la pêche. La préservation de ces patrimoines naturels et culturels est à l’origine de la création du Parc naturel régional.

Le Ragondin, Myocastor coypus, a colonisé ces marais mais également les cours d’eau et plans d’eau bocagers de ce territoire, il y a une quarantaine d’années. Depuis, ses populations y sont considérées comme importantes, sans pour autant être évaluées quantitativement. Une lutte collective est conduite annuellement. Cependant, la densité d’animaux demeure suffisante pour que des impacts multiples imputés aux ragondins soient ressentis. En premier lieu, des impacts directs ou indirects sur les populations d’espèces natives, végétales ou animales, sont identifiés ou supposés, mais non évalués. Sur de nombreuses activités, la présence du ragondin n’est pas sans incidence, de la simple nuisance à des conséquences sanitaires ou économiques non négligeables, notamment pour le gestionnaire de site. Fréquemment cités comme source d’accroissement des besoins en curage, les ragondins pénalisent également la lutte contre les espèces invasives, telle la Jussie Ludwigia grandiflora.

Ce dernier constat n’est pas surprenant en soit tant la présence des espèces exotiques envahissantes est croissante, notamment dans les zones humides de plaine. Ces espèces exotiques inter-réagissent et semblent, dans certains cas, accentuer les conséquences sur les écosystèmes natifs de leurs  proliférations respectives ou favoriser des dynamiques d’invasion. Ces observations, champ potentiel d‘investigations scientifiques, peuvent également inspirer une approche plus écosystémique de la gestion des invasions. Aussi, le nombre croissant d’espèces gérées devrait amener à rechercher les complémentarités entre les luttes spécifiques ainsi qu’à les justifier sur une meilleure évaluation, notamment des impacts.

About the Author